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Prise en main du Canon EOS M50

Sorti en avril 2018, le Canon EOS M50 est un appareil photo hybride/mirrorless qui se veut grand public et d’entrée de gamme à en juger par son prix public attractif de 699€ en kit avec 15-45mm f3.5 – 6.3. Sur le papier, ses caractéristiques n’ont rien à envier d’un reflex et pourraient même en faire pâlir plus d’un : Capteur CMOS APS-C de 24.1 Mpx, autofocus Dual Pixel, rafale à 10 i/s, viseur oled de 100% et même de la vidéo 4K ! Mais voyons plutôt ensemble ce qu’il en est vraiment sur le terrain.

Bien qu’équipé d’un appareil photo professionnel, j’ai besoin d’un appareil photo secondaire ; que ce soit pour le prêter lors de mes cours photo, pour réaliser des interviews vidéo en multicam ou comme boîtier de secours lors de mes reportages photo de mariage par exemple. Ces utilisations ponctuelles ne justifient pas l’investissement dans un second plein format, en revanche il était temps de remplacer mon vieux 700D. Je suis donc parti à la recherche d’un appareil léger et compact, qui puisse se glisser dans mon sac photo déjà bien rempli, avec un capteur APS-C, un autofocus performant y compris en vidéo et équipé d’un viseur. J’ai également veillé à ce que je puisse faire tous mes réglages manuels et réutiliser mes optiques professionnelles.

Pour ces raisons, ma quête s’est orientée principalement vers les hybrides disposants de bagues d’adaptation pour les objectifs EF. Après avoir longtemps hésité avec la gamme A7 de Sony, le prix et l’ergonomie m’ont finalement rebuté et mon choix s’est porté sur le dernier hybride de chez Canon, le EOS M50, à un prix nettement plus abordable.

Mon avis sur le EOS M50

À peine déballé, j’ai décidé d’aller tester la bête en conditions réelles. Je me suis donc baladé dans les rue nantaises et suis allé faire des photos et vidéos, équipé du M50 et de l’objectif de base 15-45mm… mais aussi de mes optiques pros pour un avis plus tranché et représentatif de mon usage réel.

Une ergonomie bien pensée pour des réglages manuels

La compacité et le poids de l’appareil photo sont des arguments indéniables. À peine 387g (batterie + SD) et 116,3 × 88,1 × 58,7mm, sans l’objectif. C’est plus léger que le grip de mon reflex sans batteries ! À côté de mon 5D Mark IV il passerait presque pour un jouet. Pour autant, il en a dans le ventre et dépasse largement le positionnement grand public que veut lui imposer Canon. Outre les modes scènes, grand classique sur ce type d’appareil, j’ai apprécié les modes de prise de vues P, Av, Tv, M. L’ergonomie globale du boîtier permet réellement de faire ses photos en manuel, sans constamment passer par le menu général. Le M50 nous laisse aussi faire nos réglages plus avancés comme la mesure d’exposition (évaluative, sélective, spot et pondérée centrale) ou encore de paramétrer la balance des blancs en degrés Kelvin.

Ses capacités dépassent largement son positionnement grand public imposé par Canon

Dans l’ensemble, les photos sont de bonne qualité, même si l’appareil ne donne pas le meilleur de lui même avec l’optique du kit. En basse lumière, l’appareil s’en sort bien, puisqu’il est possible de monter jusqu’à 3200 ISO sans grosse perte de qualité et 6400 ISO grand max. Au-delà, le bruit devient vraiment trop présent et même Adobe Lightroom on ne gommera pas le bruit numérique. À noter qu’il est possible de monter son ISO par paliers de ⅓ ; pour mieux gérer le bruit.

Un autofocus performant, mais avec quelques ratés

Sans surprise, l’Autofocus Dual Pixel fonctionne bien et est même super réactif, y compris lorsque je mets mes optiques EF via la bague d’adaptation EF-EOS M. La reconnaissance des visages est bluffante, mais dès qu’on sort du portrait il vaut mieux ne pas le laisser choisir seul la zone de mise au point. Le plus intéressant reste de prendre la main sur la sélection du collimateur… et c’est là que ça se gâte. Si le déplacement du collimateur est facile via l’écran tactile, cela est chaotique lorsqu’on veut déplacer le collimateur en gardant l’oeil dans le viseur. Je trouve également les collimateurs bien trop gros, ne me permettant pas un niveau de précision égal à mon reflex, malgré les 143 collimateurs.

Le viseur est trop contrasté. Avec une telle visée électronique, on peut vite se fier à l’image affichée… au risque de surexposer toutes ses photos

Le viseur est composé d’un écran oled offrant une couverture de 100% de l’image finale. Cela peut paraître anecdotique, mais la plupart des reflex amateurs n’en proposent que 95%. L’écran oled offre deux gros avantages : la réactivité, pour avoir un affichage avec à peine 2ms de décalage et un angle de vision très tolérant. En revanche, ce type d’écran est très contrasté, beaucoup trop pour notre usage. Avec une telle visée électronique, on peut vite oublier de regarder son posemètre et se fier à l’image affichée… au risque de surexposer toutes ses photos ! En revanche, que les aficionados de la visée reflex se rassurent : on se fait très vite au viseur électronique.

Des compétences vidéo mitigées

Sur le plan vidéo, Canon nous promet de la 4K… sauf qu’il s’agit plutôt de 4K UHD, et que le format est difficilement exploitable en raison du crop factor de 2,56 (explication en vidéo). Pour faire simple, en 4K votre capteur se transforme en micro 4/3 au lieu d’un APS-C et donc le 15mm du kit équivaut à un 38mm. Adieu le grand-angle ! L’autre souci de la 4K, c’est le rolling shutter trop prononcé avec les longues focales. Lorsque j’utilise mon 70-200mm, la vidéo devient complètement gélatineuse. Les déceptions se suivent avec la perte de l’AF DualPixel lorsque l’on filme en 4K, qui passe alors à un AF par détection de contrastes… avec la piètre précision qu’on connaît. Bref, la 4K c’est bon pour les plans fixes, type interview, et les panoramas en grand-angle. En dehors de la 4K, l’appareil filme en 1080p à 50 ou 25 i/s IPB. Espérons qu’une mise à jour du firmware apportera le format ALL-I qui offre une plus faible compression. La stabilisation numérique est très correcte, même si la stabilisation 5 axes du capteur, comme chez Sony, aurait été préférable. Il est possible de filmer en mode automatique ou manuel afin de gérer son exposition et surtout sa vitesse d’obturation. Les amateurs de vidéo apprécieront aussi la prise micro disponible sur le côté gauche du boîtier. L’écran orientable à 180° est un véritable atout en vidéo, surtout pour du vlogging. Il y a de fortes chances pour que mes prochaines vidéos soient filmées ainsi. Dernière chose assez sympa sur le M50, il est possible de réaliser des timelapse, sans télécommande avec intervallomètre, ou des vidéos ralenties à 100i/s. Il faut par contre penser à bien désactiver l’effet depuis le menu après l’utilisation, car autrement il reste actif en vidéo… ce qui promet quelques ratés comme mamie au ralenti ou les vacances en timelapse. J’en ai fait les frais.

On prend conscience des réelles capacités de l’appareil lorsqu’on monte de vraies optiques

Anecdotique, mais bien pratique, le M50 dispose d’une connexion WiFi pour piloter l’appareil ou transférer les images sur son smartphone. Habitué à utiliser l’application CameraConnect sur mon smartphone avec le WiFi de mon 5D Mark IV, je n’ai pas eu de difficulté à me connecter et télécharger mes photos. Là encore, il faut veiller à désactiver le WiFi quand vous ne vous en servez plus, car cela consomme énormément de batterie.

Justement, en ce qui concerne l’autonomie de la batterie, je la trouve plutôt bonne. Contrairement à ce que j’ai pu lire dans les différents tests, j’ai pu tenir une journée complète avec une utilisation “normale” en utilisant la moitié de la batterie. J’ai pourtant alterné les prises de photos (150) et vidéos toute la journée, en utilisant l’écran pour mes cadrages et réglages. J’ai même transféré des images en WiFi sur mon smartphone pour les publier sur instagram. À noter que si vous shootez en RAW, vous ne téléchargerez qu’un JPEG basse définition sur votre mobile.

Un boitier de secours idéal pour les pros

Pour finir un petit mot sur l’utilisation d’objectifs EF grâce à la bague d’adaptation. Cette dernière fonctionne très bien, tant en photo qu’en vidéo, on conserve l’AF (OneShot et Servo) ainsi que la stabilisation optique. La taille des optiques est certes disproportionnée par rapport au boitier, surtout un 70-200mm f2.8, mais on garde une bonne prise en main. On prend d’ailleurs conscience des réelles capacités de l’appareil lorsqu’on monte de vraies optiques dessus. Le 15-45mm n’est pas mauvais en soi, compte tenu de son poids/encombrement et de son prix (±110€), seulement le M50 mérite mieux. C’est un excellent boîtier de secours pour les professionnels qui ne veulent pas s’encombrer d’un 6D mark II ou d’un second 5D mark IV. En ce qui me concerne, il a trouvé sa place dans mon sac à dos pour mes reportages. On est jamais trop prudent.

Après cette journée d’utilisation et de tests en tous genres, je suis plus que ravis de mon achat. C’est un boîtier ultra compact avec toutes les caractéristiques que je pouvais exiger vu le prix. Il n’est certes pas exempt de défauts, mais c’est incontestablement un appareil photo avec très bon rapport qualité-prix. Pour un budget équivalent, il sera difficile de trouver mieux dans la gamme reflex. Seul point noir au tableau, la qualité des optiques EOS M qui n’est pas au rendez-vous. Je comprends les contraintes technique qui ont poussées Canon à créer une nouvelle monture, mais une monture EF auraient été tellement bien.

J’espère que ce retour d’utilisation a intéressé les nombreuses personnes qui me demandent des conseils pour l’achat de leur premier appareil photo numérique. Si vous voulez un test technique détaillé, je vous invite à lire l’article des Numériques.

J’aime Je n’aime pas
Compacité et poids
Ergonomie générale du boîtier
Balance des blancs manuels
Autofocus Dual Pixel
Stabilisation vidéo
Bague d’adaptation EF-EOS M
Video 4K
Compression vidéo trop importante (1080p 50-25 i/s IPB)
Collimateurs trop gros
Viseur électronique trop contrasté

Galerie de photos prises avec le M50

4 Thoughts on "[Test] Canon EOS M50"

  1. Leila
    5 novembre 2018

    Bonjour
    Merci pour cette article complet . Je suis novice en photo mon Sony Rx 100 a rendu l âme et j aimerais investir dans le Canon Eos M50.
    Je voyage beaucoup et adore prendre des photos de paysage, des portraits et surtout prendre en photos les oiseaux ou les animaux .
    Pouvez vous me conseillez sur les objectifs dans lesquels je pourrais investir j en aimerais 2ou 3 maximum et de préférence pas trop volumineux mais j aimerais une jolie qualité surtout sur les zooms.
    Merci d avance
    Une novice perdu

    • William
      5 novembre 2018

      Bonjour Leila, vous avez plusieurs possibilités pour les objectifs.
      La première consiste à acheter le EOS M50 avec l’objectif de base (15-45mm) et de compléter le kit avec l’objectif Canon EF-M 55-200mm. Vous avez ainsi 2 objectifs relativement compacts et légers, avec la contrainte de devoir changer d’objectifs. Les hybrides n’ayant pas d’obturateur pour protéger le capteur de la poussière, à chaque changement d’objectif il y a un risque de faire rentrer de la poussière, sans parler des chutes de l’objectif si on est pas très habile.
      Je vous conseille plutôt la seconde option qui consiste à investir dans un objectif polyvalent, le Canon EF-M 18-150mm. Dans ce cas-là, vous n’avez qu’un seul objectif. Cela réduit les manipulations et donc les risques de chutes de l’objectif ou encore de faire rentrer de la poussière. Vous pouvez ainsi dégainer votre appareil et faire tout de suite une photo au lieu de prendre du temps pour adapter votre objectif. Par contre, vous grossirez un peu moins les oiseaux qu’avec le 55-200mm, mais vous aurez un usage plus proche de ce que vous aviez avec votre Sony. À titre de comparaison votre RX100 avait un zoom équivalent à 28-100mm.

  2. Juliette
    9 décembre 2018

    Bonjour, je souhaite acquérir un nouvel appareil photo. J’avais précédemment un 1200D, j’aimerai aujourd’hui en changer pour un plus haut de gamme. Je songeais au 70d ou justement le eos m50, je n’arrive pas à me décider. Je fait de la photo de paysage et de portrait, et j’aime photographier en basse lumière. L’aspect vidéo et aussi un point important. Auriez vous un conseil à me donner ? Merci d’avance !

    • William
      10 décembre 2018

      Bonjour Juliette,
      Le EOS 70D commence à dater un peu et ses performances seront un peu en dessous de celles du EOS M50, qui hérite du capteur et de quelques améliorations du 80D. Par contre les objectifs EOS-M n’ouvrent pas assez pour les portraits ou la basse lumière. Il vous faudra par exemple utiliser un objectif EF 50mm f1,8 STM sur votre boitier via la bague d’adaptation pour monter des objectifs EF/EF-S. Vous aurez un appareil performant et polyvalent, mais aussi compact.

      Si votre budget le permet, regardez tout de même le 80D, qui offre une meilleure prise en main (adaptée pour un usage expert), une autonomie plus grande et une visée reflex. Et pour la vidéo vous aurez une prise micro ET une prise casque. Le M50 n’a que la prise micro.

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